Comment bien choisir son mors

Le mors, un des basiques de notre équipements mais pas des plus simples. Le nombre de déclinaisons possibles suffit à le prouver : mors à anneaux ou à aiguilles ? simple brisure ou double brisure ? Alliage de cuivre ou inox ? Bien le choisir ne devrait pourtant pas être compliqué. Quelques règles et conseils de bon sens.

Être moins exigeant avec le mors et plus exigeant avec soi-même

Mors sévère ou mors doux ? Quand les problèmes surviennent, la question du mors se pose très vite : faut-il un mors plus sévère pour mon cheval difficile ? Bien souvent, le souci n’est pas lié au matériel. Il n’est pas rare que certaines étapes du dressage du cheval n’aient pas été réalisées de façon suffisamment progressive, voire aient été zappées. Changer de matériel ne va pas transformer les capacités du cheval en une nuit. En un mot comme en cent : il faut être moins exigeant avec le matériel, et reporter ses efforts sur le programme de travail de son cheval et sur la maîtrise de ses aides. Merci à Hillary Vernon pour cette recommandation de bon sens.

Faire vérifier la bouche

Lorsque l’on souhaite changer de mors ou choisir un premier mors – poulain au débourrage – la première étape est de faire intervenir un dentiste ou un vétérinaire. Ce dernier vérifiera que la bouche ne présente aucune blessure, et passera en revue la dentition :

  • les barres doivent êtres lisses, sans bleus, ni hématomes, ni rugosités
  • si la langue du cheval est trop épaisse, il faudra peut-être choisir un mors plus petit
  • si le palais dur du cheval n’est pas assez creux, il sera facilement blessé par un mors à simple brisure ou par un mors avec passage de langue
  • la dentition doit être vérifiée à intervalles réguliers pour assurer que les dents ne posent pas de problèmes.

La bouche du cheval est aussi importante que le reste ! Propriétaires et cavaliers de tout bois, nous souhaitons tous le confort de notre compagnon. Bonne nouvelle : il n’est pas nécessaire d’attendre la visite annuelle du dentiste pour regarder dans la bouche du cheval. L’intégrité des barres, de la langue et du palais peuvent être contrôlés facilement par un petit check-up occasionnel.

Opter pour la simplicité

Ouvrons un catalogue de matériel équestre : la quantité de formes de mors existantes est vertigineuse, et l’on peut citer des effets différents pour chaque type et pour chaque matériau utilisé pour la fabrication des mors. Comment s’y retrouver ?

Et bien, la proposition reste la même : être moins exigeant avec le matériel, et davantage avec le cavalier et le programme du cheval. Le plus simple sera le mieux. Pour Marie Thomsen, fondatrice de feu la sellerie Allures : « Quand il n’y a pas de vraie raison de choisir la simple brisure, il faut préférer les mors à double brisure« .

En ce qui concerne le matériau, deux choses à garder en mémoire : la bouche du cheval est un environnement tiède pour n’importe quel mors, et n’importe quel métal de bonne qualité se réchauffera rapidement dans la bouche du cheval.

La bonne taille de mors

Le mors, placé dans une bouche saine, doit également être choisit de façon à être confortable pour le cheval. Il ne doit blesser en aucun cas et ne ne doit pas non plus générer de contractions avant même qu’une action se soit produite dessus. Quelques recommandations plus concrètes pour s’assurer de choisir un mors confortable :

La taille du mors est définie par sa largeur (qui correspond à la largeur de la bouche du cheval), par l’épaisseur de ses canons. Le diamètre de l’anneau peut aussi être indiqué. Ces mesures sont communément indiquées en millimètres.

Choisir le bon mors

Il faut le choisir ni trop petit, ni trop grand, ni trop fin, ni trop épais. Haha. Bon.

Les anneaux ou olives du mors doivent se « poser » sur les coins de la bouche. Si les canons dépassent, le mors est sans doute trop grand, si les mêmes anneaux semblent compresser le coin de la bouche, celui-ci est sans doute trop petit. Pour mesure la largeur idéale, il existe des babioles, mais un bout de ficelle fait aussi bien l’affaire. Pourquoi pas un bout de ficelle monté sur une rondelle de mors, pour une précision accrue – voyez cet ingénieux montage :

Heather’s homemade mouth measure, by nsbits.com

Heather’s homemade mouth measure, by nsbits.com

Des canons trop fins ont une surface de contact avec les barres plus minces => + de pression localisée en un même point => aille ouille. D’un autre côté, des canons trop épais risquent de gêner le cheval en remplissant tout l’espace, surtout s’il a déjà la langue épaisse. Pour connaître la bonne épaisseur de canon, tout dépend de la morphologie de la bouche du cheval. Pas de miracle, il faut observer, essayer, et faire travailler son bon sens. Ne pas hésiter à essayer plusieurs variations de mors, en empruntant ou en louant (Mors and more notamment permet la location de mors) les mors qui vous intéressent.

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4 commentaires

  1. Super article, tu prêches une convertie.
    Il faut toujours commencer par la simplicité.
    Pour tous mes filets j’ai opté pour des résines doubles brisures. Toujours avec rondelles pour eviter le frottement.
    Sur mon cheval plus jeune j’avais quelques problèmes de direction à l’obstacle, on est passé sur un mors à aiguilles, toujours en double brisure. Le but étant de changer d’embouchure quelques séances pour revenir très vite au plus simple.
    Merci pour tes super articles !
    Alicia

  2. Opter pour la simplicité, il n’y a que ça de vrai ! Mon (futur, je l’ai en confiage pour l’instant…) loulou était un petit jeunôt qui n’acceptait pas trop la contrainte du mors… Après avoir essayé des tas d’alliages, des mors « à goûts », des mors « anato-machin-étudiés-super-chers », c’est finalement le petit mors à aiguilles de chez décath’ qui lui a plu… Et on supprimera les aiguilles dès qu’il aura capté le principe de la direction !

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