{Guide} L’entretien des cuirs

L'entretien des cuirs, garantie de longévité et de soliditéL'entretien des cuirs, garantie de longévité. Certains droits réservés, photos par John Shortland

Matière vivante, le cuir est solide et durable. Mais sans entretien correct, il devient sec, dur et son apparence se détériore assez vite. Quelques bonnes habitudes simples suffisent à minimiser les effets de l’usure et du temps et à conserver un cuir doux et confortable pour votre compagnon.

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Pourquoi entretenir ses cuirs ?
Comment entretenir ses cuirs ?
Les cas particuliers : cuir moisir, cuir âgé, eau de pluie, eau de mer
Les produits d’entretien des cuirs
Recommandations d’achat

Pourquoi entretenir ses cuirs ?

L’entretien des cuirs, c’est une question de  propreté, de sécurité, d’élégance, et parce qu’on souhaite un matériel qui reste beau longtemps.

Propreté Cela va sans dire : nettoyer, c’est avant tout une question de propreté. En entretenant ses cuirs, on fait la chasse aux petites saletés (comme la terre, le sable, la poussière) qui, à long terme, terniront le cuir et l’abîmeront.

Sécurité Le frottement d’un cuir sec et cassant peut blesser le cheval, tandis qu’un cuir doux restera confortable pour votre compagnon. Les cuirs qui sont directement en contact avec la peau du cheval (enrênements, bridons, sangle) se fragilisent plus rapidement : la sueur est l’un des pires ennemis du cuir. En entretenant régulièrement votre matériel, vous le passez en revue : c’est l’occasion de vérifier son usure, l’état des coutures, etc. Et de prévenir ainsi une dégradation en le faisant, par exemple, réparer avant qu’une catastrophe ne survienne.

Elegance Que l’on sorte régulièrement en concours ou que l’on parte en balade le dimanche, un cuir racorni, terne et sec ne fait jamais bon effet. Beaucoup de cavaliers ne jurent que par le cuir, entre autres pour son esthétisme. Il faut pourtant un entretien pour garantir cet esthétisme !

L'entretien des cuirs, garantie de longévité et de solidité

L’entretien des cuirs, garantie de longévité. Certains droits réservés, photos par John Shortland

Longévité du matériel et économies Un entretien régulier est sans conteste une garantie de longévité pour votre matériel. Un cuir entretenu régulièrement, c’est un beau cuir. Et si vous avez besoin de le revendre, vous en obtiendrez un meilleur prix s’il a été entretenu régulièrement et de la bonne manière (car oui, on peut abîmer son cuir en l’entretenant régulièrement de la mauvaise façon).

Comment entretenir ses cuirs ?

Quels sont les bons gestes à adopter pour l’entretien des cuirs ?

Pour commencer, un petit mot sur le stockage : ranger son matériel dans un endroit sec, propre et à l’abri de la poussière est aussi important que l’entretien quotidien pour sa longévité.

Le nettoyage au quotidien

  1. Utilisez une lotion pour cuir qui dissoudra la graisse et les saletés. N’hésitez pas à frotter avec votre chiffon.
  2. Ensuite, nettoyez au savon glycériné avec une éponge humide. Il n’est pas nécessaire de le faire mousser, en revanche, ne pas hésiter à masser.
  3. Il ne faut pas rincer vos cuirs.Laissez-les tout simplement sécher avant l’étape suivante.

L’entretien complet

  1. Démonter ce qui peut l’être : on démonte les bridons, on retire les étrivières et on défait les boucles : cela permet d’avoir accès au moindre recoins de notre équipement et de s’assurer que chaque partie est traitée de façon égale.
  2. Nettoyer : on commence par bien nettoyer les cuirs à graisser, afin de s’assurer qu’aucune saleté ne viendra empêcher la graisse de pénétrer le cuir et le nourrir. Pour cela, procédez comme indiqué ci-dessus dans le paragraphe « nettoyage au quotidien ».
  3. Graisser : une graisse pour cuir permet de nourrir les fibres du cuir en profondeur (à condition que le cuir soit bien nettoyé, voir « lotion pour cuir », plus bas).
  4. Huiler : si votre cuir est neuf, sec ou cassant, hydratez-le avec une bonne couche d’huile pour qu’il retrouve son élasticité.

La fréquence d’entretien

Un entretien « régulier », ça veut dire quoi ? Et bien, cela varie en fonction du matériel et de la qualité du cuir, mais aussi de l’utilisation que vous en faites. Pour faire simple, on considère généralement que tout équipement doit être nettoyé après chaque utilisation. En pratique, une fois tout les 4 à 6 utilisation suffit souvent. Les équipements tels quels que bridon et enrênements sont à nettoyer et graisser une à deux fois par mois, tandis que graisser une fois par mois suffit pour la plupart des selles. Pour ce qui est du huilage, 2 à 3 fois par an suffisent.

Mise en garde : en faire trop, graisser ou huiler trop souvent, est nuisible au cuir. Apprenez à jauger le besoin d’entretien. Observer votre pièce de cuir avant de décider quoi faire. Est-il sec ? Devient-il dur ? Il est alors temps de le graisser. Votre cuir n’absorbe plus les corps gras ? C’est qu’il est déjà trop nourri.

Les cas particuliers

Le cas d’un équipement neuf

Si vous faites l’acquisition d’un équipement neuf, son cuir doit être nourri plusieurs fois avant sa première utilisation. Pour cela, on applique de l’huile de pied de bœuf (ou l’équivalent de votre choix) à l’aide d’un pinceau propre. A renouveler autant que nécessaire à intervalle de 6 à 12 heures. Deux choses à savoir : certains selliers livrent des cuirs prêts à l’usage – vérifiez donc auprès du fabricant que le cuir n’a pas déjà été nourrit ; ensuite, sachez que certains cuirs peuvent foncer en s’imbibant d’huile.

Pas de confusion sur les termes : c’est l’usage qui assouplit le cuir. L’huile se contente de le nourrir.

Très vieille selle, par Don Graham. Certains droits réservés.

Très vieille selle, par Don Graham. Certains droits réservés.

Redonner de l’éclat à un très vieux cuir

Vous avez chiné une très belle pièce dans un cuir resté sans entretien pendant des années ? Voici comment procéder :

  • Nettoyez bien le cuir au savon glycériné, pour enlever toute trace de poussière ou autre résidu.
  • Essuyez avec un chiffon doux et laissez sécher la selle à l’air libre (et à température ambiante).
  • Ensuite, appliquez une bonne couche d’huile de pied de boeuf. Si une couche ne suffit pas, vous pouvez renouveler l’application.

Astuce : pour des pièces types brides ou étrivières, vous pouvez aussi les laisser tremper une nuit dans l’huile de pied de boeuf.

Mise en garde : un cuir mort reste mort. Si une pièce ancienne peut retrouver un bel aspect à coup d’huile, elle n’en reste pas moins fragile et cassante. Inutile de risquer sa peau, gardons-la comme décoration.

Récupérer un cuir moisi

Vous pouvez aussi retrouver vos cuirs moisis, ce qui arrive vite en cas d’humidité dans la sellerie, par exemple. Dans un tel cas :

  • Isolez le cuir moisi des autres pièces pour éviter toute contamination. La moisissure est un champignon, par conséquent, il ne faut pas le nourrir sous peine de le voir se multiplier : pas d’huile (ni autre corps gras), et pas d’eau.
  • Retirez la moisissure à l’aide d’une brosse. Eliminez l’éventuel excédent au vinaigre pur.
  • Nettoyez ensuite au savon glycériné.

L’eau de pluie

Si votre matériel en cuir a pris une bonne douche, on l’essuie avec un chiffon propre et doux, puis on laisse sécher à température ambiante. Ne placez pas votre matériel au moins du feu ! Une forte source de chaleur occasionnerait un dessèchement. Une fois sèche, on applique une huile de pied de bœuf (ou équivalent), et on laisse de nouveau sécher à température ambiante.

L’eau de mer

En mer, c’est non seulement l’eau salée mais aussi le sable qui abîment les cuirs. L’eau salée risque de décolorer vos cuirs : il faudra rincer les parties touchées avec une éponge légèrement humide, avant de laisser sécher. Délogez les grains de sable à l’aide d’une brosse douce, en insistant tout particulièrement sur les coutures et la boucleries.

Les produits d’entretien des cuirs

Lotion dégraissante pour cuir

Pourquoi est-il important de ne pas utiliser uniquement du savon glycériné pour nettoyer le cuir ? la saleté et les corps gras viennent boucher les pores du cuir. Et les corps gras ne s’évaporent pas : ils forment une couche supplémentaire empêchant le cuir d’être nourrit en profondeur. Or, le savon glycériné est un savon contenant un corps gras. Par conséquent, son utilisation exclusive pour le nettoyage du cuir finit, à la longue, par donner un cuir beau en surface, mais en réalité fragile.

Savon glycériné

Le savon glycériné est un nettoyant qui contient également un corps gras (la glycérine, fabriquée à base d’huile végétale). On trouve le savon glycériné sous deux formes : les pains de savon, et les savons liquides en vaporisateur. Les vaporisateurs sont plus faciles et pratiques d’applications, mais sont plus chers et durent moins longtemps. On évite le savon glycériné pour les cuirs à finition naturelle.

Une petite astuce : votre savon de marseille bio, également fabriqué à base d’huile végétale) est tout à fait adapté au nettoyage des cuirs.

Huile de pied de bœuf et l’huile type pied de boeuf.

L’huile de pied de bœuf a pour fonction de remplacer l’huile contenue à l’origine dans le cuir. C’est à partir des os des pieds des bovins que l’on fabrique la véritable huile de pied de boeuf. A l’heure actuelle, on ne trouve quasiment plus que son substitut l’huile « type pied de boeuf » ou encore « qualité pied de boeuf ». Ces huiles sont en réalité des huiles végétales. Certains trouvent que l’huile type de pied de boeuf fait bien l’affaire. Je suis d’avis que rien ne vaut l’original.

La paraffine

L’huile de paraffine est un dérivé du pétrole qui bouche et encrasse le cuir. Ce n’est pas une solution pour un cuir beau et solide sur le long terme.

Les baumes pour cuir

Crème incolore et non grasse, les baumes pour cuir nourrissent sans graisser.

Recommandations d’achat

Côté produits d’entretien pour le cuir, on en trouve pour tous les goûts et pour tous les budgets. A mon humble avis, l’entretien des cuirs est l’un des domaines où il ne faut pas lésiner sur son investissement. Si l’on choisit de s’offrir de beaux cuirs, autant faire le nécessaire pour assurer une beauté et un confort éternels. Mais on n’achète pas un produit cher sans quelques vérifications.

  • Jetez un oeil sur les ingrédients du produit qui vous intéresse : notamment, contient-il de l’huile de paraffine ?
  • Si le fabricant n’a même pas pris la peine de fournir la liste des ingrédients, passez votre chemin.

Ce sont deux petits conseils tout bête mais qui réduisent comme une peau de chagrin les choix possibles. Une dernière astuce ! si les produits de qualité restent onéreux, n’hésitez pas à faire des économies sur les chiffons : les chaussettes trouées et vieux draps découpés trouveront leur place parmi votre matériel d’entretien.

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7 commentaires

  1. Ca fait des mois que je dois faire un article sur le sujet :P.
    Mais je dois surtout m’occuper de mes cuirs, cet hiver ils ont douillé ! (je l’avoue, je ne le fais pas très régulièrement…). Je vais ramener tout ça chez moi, et je m’y mets.

  2. Tu peux pas le faire à l’écurie ? Moi je m’y suis mise du jour où j’ai créé une pochette annexe à la sacoche de pansage avec tout ce qu’il faut pour l’entretien des cuirs. Y avait plus qu’à… Avant ça, pas moyen…

  3. Si c’est possible, mais c’est surtout que c’est chez des particuliers qu’elle est en pension la grosse, alors je n’aime pas trop m’étaler :P. Mais surtout je n’ai que le filet à nettoyer (selle synthétique, alléluia). Même ça j’ai la flemme ^^.

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