La selle McClellan, hier, aujourd’hui et demain

Cheval de cavalerie américaine équipé de sa selle McClellan - photo daté de 1911

Connaissez-vous la selle McClellan ? C’est ma nouvelle lubie, et c’est une selle très intéressante.

Pour parfaire notre culture générale de l’équipement équestre, et progresser dans notre compréhension de la Selle, j’aimerais vous présenter cette création maligne venue des USAs (mais pas que, comme nous le verrons dans l’article). Etudions donc ses caractéristiques, la genèse de son développement, mais aussi son impact sur les selles modernes.

Une selle frugale

Cheval de cavalerie américaine équipé de sa selle McClellan - photo daté de 1911

Cheval de cavalerie américaine équipé de sa selle McClellan – photo daté de 1911

Le signe distinctif de la selle McClellan est sa grande sobriété. En pratique, cette sobriété se traduit par :

  • Un arçon à peine habillé :
    • côté cheval, pas de matelassure, l’arçon est simplement recouvert de cuir (et nécessite donc un bon pad).
    • Côté cavalier, pas de siège – c’est à dire que la fente de l’arçon est laissée béante.
  • Le siège est encadrant sur ces selles, avec un pommeau et un troussequin surélevés.
  • La selle ne possède pas quartiers, la jambe est donc à même le tapis.
  • Le sanglage se fait en 3 points, comme sur les selles western.

Genèse d’une selle militaire

C’est l’histoire d’un type, Georges McClellan, Capitaine dans l’armée américaine de son état, qui fût envoyé en Europe durant la guerre de Crimée, pour observateur les combattants. Sa mission était d’étudier l’organisation des troupes et la cavalerie des forces Européennes. Parmi les recommandations qu’il réalise au gouvernement suite à ce voyage, se trouve une selle de cavalerie.

L’armée américaine conduisait alors une étude pour déterminer les équipements les plus efficaces et les plus pratiques pour sa cavalerie. De très nombreuses selles furent testées, entre autres équipements. La selle proposée par le capitaine McClellan est adoptée en 1859 par l’armée, contre de nombreux autres modèles. Parmi les raisons pour lesquelles la McClellan a été choisie, sa frugalité et sa longévité ont certainement été déterminantes. En période de restriction budgétaire voire de disette, la McClellan possède de nombreux atouts : elle nécessite beaucoup moins de cuir que les autres selles.

Elle subira quelques variations au cours des décennies suivantes, mais les caractéristiques principales (précédemment décrites) ne sont pas remises en question. La McClellan reste le standard dans l’armée américaine jusqu’à ce que l’utilisation du cheval soit abandonné au profit du moteur. Elle est toujours utilisée dans les défilés militaires aux US.

Si vous souhaitez encore davantage de détails sur l’histoire de cette selle et ses variations de Design depuis son apogée et que vous comprenez la langue de Shakespeare, je vous invite à lire « The McClellan Military Saddle« .

La superbe McClellan de la sellerie Lacuche

La superbe McClellan de la sellerie Lacuche

L’héritage de la McClellan

Qu’en est-il de la McClellan aujourd’hui ? Son design ingénieux a survécu au démantèlement des troupes à cheval : une selle robuste, poids plume et à petit prix a de quoi convaincre des cavaliers de disciplines variées.

Selliers français fabricants de McClellan

La selle, qui a ses fans, est toujours produite aux Etats-Unis. Elle nous est probablement parvenue via des déstockages des armées outre-Atlantique, grâce à quelques bricoleurs passionnés qui ont su reproduire cette selle.

Aujourd’hui, parmi les selliers renommés produisant des modèles de McClellan de fabrication artisanale, on trouve entre autres Bernard Lacuche et Jean Lemaire.

L'arçon biomécanique Stübben Equi-soft

L’arçon biomécanique Stübben Equi-soft

McClellan revisitée ?

Le design épuré de la McClellan est-il à l’origine de selles comme la Desert Light du sellier Prestige ou la Florac de Gaston Mercier ?

Le sellier Stübben a-t-il été inspirée par l’arçon « fendu » de la McClellan en développant son arçon biomécanique « Stübben Equi-Soft » ?

Autant d’exemples qui laissent à penser que la McClellan reste au goût du jour.

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11 commentaires

    • Moi aussi ! Parait que le siège est dur et qu’il vaut mieux un mouton entre ses fesses et la selle (idem pour le cheval d’ailleurs).

  1. Quand tu dis « nouvelle lubie »… ça veut dire « achat en vue » ? LOOOOL !

    J’ai déjà eu l’occasion d’en tester une : tu es hyper encadrée. Peut-être un peu trop ? Tu as déjà testé ? Tu as aimé ? Elles me font un peu penser aux selles de Bertrand FAHY !
    Au fait, as-tu réussir à venir à bout de tes soucis de pressions de selle ?
    Bises à toi et caresse à Th3baine 😉

    • Achat, ptet bien ! Mais pas pour tout de suite, je pense. J’adorerais en tester une par contre. J’ai monté récemment un jeune loulou avec une selle encadrante comme ça et j’ai trouvé ça très cool quand il est parti en coups de cul, mdr. Au quotidien, à voir 🙂
      Je connais pas Bertrand Fahy !! Tout ce que j’ai pu trouver, c’est qu’il vient d’Alsace. Il a pas un site web ?
      A propos de la selle, le nouveau pad à cales est en utilisation depuis 2-3 semaines maintenant, retour d’expérience bientôt ^^

  2. Intéressante comme selle mais la question qui me vient tout de suite est: qu’en est-il de la répartition des points de pression sur le dos ? C’est normalement le rôle d’une selle et là sans siège, si je comprend bien, le cavalier est directement au contact du dos du cheval… Donc on créé un pic de pression juste sous le fessier, donc moins de confort pour l’équidé…?

    • Alors en fait (j’aurais dû détailler ce point dans l’article), c’est l’arçon qui permet de répartir les pressions. Le siège, c’est juste la partie qui recouvre l’arçon pour « accueillir » les fesses du cavalier. Pour le cheval, de ce côté là, pas d’impact. Pour le cavalier, il paraît que la selle est un peu « dure », et qu’on s’y sent mieux en posant une petite peau de mouton sous ses fesses.

      Si tu fais référence au fait que le siège est ouvert dans la longueur, ça ne signifie pas que tu es assise sur la colonne vértébrale du cheval (une telle selle serait dangereux et douloureuse pour l’animal). En revanche, cette fente est intéressante pour le cavalier car cet espace agit un peu comme le siège Biomex de Stubben.

      Si tu fais référence au fait qu’il n’y a pas de rembourrage côté cheval, effectivement, cela signifie que tu ne peux pas monter sans tapis, il faut absolument d’un pad bien épais (mais toujours bien dégarroté) sous ce type de selle.

      Après, la McClellan n’a rien de magique : il faut, en la choisissant, vérifier que les critères d’adaptation de la selle au cheval sont bien remplis, comme pour n’importe quelle selle. Mais si on en trouve une adapté à son cheval, son côté dépouillé, son poids léger pour un arçon solide, son encadrement + cette fente au milieu font qu’elle me semble toujours d’actualité malgré le grand âge de son design, et certainement un choix d’un rapport qualité/prix très décent pour des disciplines comme le dressage ou la rando 🙂

  3. Parent Chantal

    bonjour, je monte depuis 40 ans sur une mc clellan qui allait bien sur la plupart des chevaux que j’avais. Mais j’ai maintenant un appaloosa et un merens , chevaux larges du garrot et des épaules et ma mc clellan les blesse car pas assez ouverte au niveau de l’arcade du pommeau. Je cherche donc un arçon mc clellan très ouvert pour ce type de chevaux. auriez-vous quelques indications où adresses qui pourraient me fournir le-dit arçon? Je peux l’habiller moi-même de cuir si je trouve l’arçon nu. Merci d’avance

    • Bonjour Chantal, merci pour votre retour ! Je vous recommande de contacter des artisans fabricants de McLellan et de leur demander quelles sont leur taille d’arçon et où ils se fournissent. Il me semble que la plupart importent des arçons des états unis. Il est possible que certains acceptent de vous vendre un arçon nu. A voir avec eux 🙂 Bonnes recherches !

  4. Parent Chantal

    Merci Naja, j’ai déjà fait tout ça bien sûr. Les artisans n’ont pas trop envie de vendre un arçon nu ni d’indiquer leurs fournisseurs. J’ai essayé de trouver des fabricants d’arçons aux USA sur internet mais sans résultat, on tombe toujours sur des fabricants de Mc clellan en tous genres.Bon, après, jene suis pas une grande spécialiste d’internet et peut-être que je ne me débrouille pas bien.
    Pour les autres curieux de Mc Clellan, moi je trouve que c’est une selle extraordinaire. Personnellement je pratique le dressage et la rando et dans les deux cas, elle est parfaitement adaptée: Pour la rando, elle est ultra légère, rustique, la jambe tombe vraiment naturellement et avec son troussequin et son pommeau proéminents, vous pouvez mettre au défi tout jeune cheval de gigoter, vous restez en place. Son défaut, jene pense pas qu’elle soit très confortable pour le cheval et il faut vraiment des tapis épais en feutre. Pour le dressage, la position de la jambe très descendue, le siège profond et son absence de matelassure font qu’on est au plus près du cheval et que le moindre mouvement de notre corps est perçu par le cheval. Donc pas besoin de grandes actions, on peut pratiquer un dressage tout en finesse et sans contrainte pour le cheval, un v éritable dialogue.

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