Le matériel du cheval de polo

La selle de polo
Alexandrine, du blog Éduquer son cheval nous offre une série d’articles sur l’équipement de Polo. Cette première partie présente l’équipement côté cheval.

Parmi tout le harnachement du cheval de polo, on note quelques particularités qui différencient le polo des autres disciplines.

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Les crampons
Les bandes de polo
La selle
Accessoires de la selle
Le filet et la martingale

Les crampons

crampons de poloJ’ai choisi de vous parler des crampons qui sont assez peu répandus dans le milieu de l’équitation classique surtout si l’on ne fréquente que des carrières bien drainées.

Les crampons sont des pièces métalliques d’environ 1 cm de diamètre qui se fixent sur les fers. En règle générale sur les membres postérieurs du côté extérieur mais on en trouve aussi sur le côté intérieur et extérieur des membres postérieurs.

Comme vous le savez tous déjà, le polo se pratique de préférence sur terrain en herbe. Qui dit herbe dit aléas de la météo et qui dit météo dit aussi pluie et donc terrain glissant.

Les crampons vont permettre de donner un appui stable aux chevaux et éviter ainsi qu’ils ne glissent dans les mouvements d’accélération, freinage et dans les tournants. Avec l’utilisation des crampons le nombre de chevaux qui chutent durant les matchs est très faible.

Les bandes de polo

Ah les voilà les fameuses bandes de polo que l’on retrouve maintenant dans toutes les disciplines ! Un petit rappel pour ceux qui n’y connaissent rien en bandes. On différencie les bandes de polo et les bandes de travail utilisées toutes deux pour le travail du cheval et les bandes de repos qui se posent avec des cotons et éventuellement un système rafraîchissant pour maintenir les membres au frais. Le tissu des bandes de travail est fabriqué dans une matière élastique à l’inverse des bandes de polo qui sont faites dans une matière non-élastique.

Les bandes sont posées directement sur le membre du cheval avec un serrage adapté à l’intensité de l’effort qui sera fourni. Pour un match on aura tendance à serrer plus fortement les bandes que pour un cours ou un entraînement. Attention bien sûr à ne pas trop serrer le membre sous peine de couper la circulation sanguine. Le but est de maintenir les tendons et protéger les membres d’éventuels coups.
Certains joueurs choisissent de rajouter des protections par-dessus les bandes, d’autres se contentent d’ajouter du scotch par-dessus le velcro pour éviter que la bande ne se détache en pleine course ce qui peut s’avérer très dangereux voir mortel pour le cheval et le cavalier.

Bandes de polo

La selle

La selle de poloTout comme pour le dressage ou la randonnée, il existe des selles rien que pour le polo. Ces selles, à la différence des autres ne possèdent pas de taquets et les quartiers sont la plupart du temps grands et larges. Cette conception permet au cavalier d’avoir une plus grande mobilité des jambes et du buste. Ici l’aspect pratique a pris le pas sur l’aspect académique de l’équitation, au diable le défaut de la jambe en avant, tant qu’on touche la balle !

Le siège de la selle est plutôt long et plat avec un troussequin peu prononcé. Là encore c’est la mobilité du cavalier qui est recherchée. Cette forme offre un minimum de contraintes quand au choix du cavalier au niveau de son équilibre plus ou moins proche de la selle en fonction de la taille de son cheval et de son maillet mais aussi s’il choisit de se placer en avant pour un marquage ou en arrière pour rattraper un coup manqué.

En soulevant le quartier, on se rend compte immédiatement d’une grosse différence avec les selles classiques : les contre-sanglons s’il y en a sont directement en contact avec le cheval.

Pour ce qui est de l’arçon et de la forme de la selle, on en rencontre toutes sortes : des plus ou moins dégarrotés et des gouttières plus ou moins profondes. Au niveau morphologie on rencontre souvent deux types de chevaux de polos. Des petits modèles avec un garrot très peu prononcé voire inexistant ou des modèles moyens à grands avec très souvent un garrot très prononcé. Il est donc assez facile de trouver une selle adaptée à son cheval lorsqu’on fait du polo.

Accessoires allant avec la selle

Le collier de poitrail permet de maintenir la selle en avant. Cela évite qu’elle recule pour les chevaux ayant un garrot prononcé. La position très en avant de la selle permettrait aussi une meilleure qualité de frappe de la balle.

Sur ce point là, j’admet qu’il y a du boulot à faire en termes de confort pour les chevaux, une selle posée pile sur les épaules c’est pas ce qu’il y a de mieux niveau ostéopathie… On comprend bien pourquoi les chevaux de polos sont de plus en plus nombreux à souffrir de mal de dos.

Les selles sont munies de sangles argentines. On trouve des sangles à boucles comme nous avons l’habitude d’utiliser ou des sangles à nouer. Pour ajouter une sécurité, les selles sont munies d’ouvertures qui permettent le passage de sur-sangles. Cette dernière sera très utile si un sanglon venait à lâcher en match. Il m’est moi-même arrivé d’oublier de prendre une sangle et au moment de seller, heureusement j’avais la sur-sangle avec moi !

Ah oui et j’oubliais le tapis ! C’est vrai que c’est la première chose que l’on remarque lorsqu’on ne connaît pas la discipline mais après 6 mois d’immersion c’est une autre histoire ! Très colorés, ces tapis argentins correspondent en réalité à une épaisse étole pliée en 4. Certains joueurs n’utilisent pas de tapis et posent la selle directement sur le dos du cheval. En effet,  sur certains chevaux les tapis ne tiennent pas et ont tendance à glisser vers l’arrière puis tomber alors les joueurs ont préférés s’en passer complètement.

Tous ces accessoires et motifs argentins devraient vous donner le vertige ! Revenons à des choses plus conventionnelles.

Le filet et la martingale

filets et martingales de poloTous les filets sont équipés de martingales fixes, je suppose que c’est pour contrer l’effet du mors releveur et tous les mouvements vers le haut qui pourraient être néfastes à la nuque du cheval ou l’inciter à se retourner.

La muserolle est devenue optionnelle, tout dépend du cheval et du propriétaire. En général on mettra une muserolle aux chevaux qui ouvrent très grand la bouche à la moindre action de main.

Les embouchures sont le plus souvent, un mors releveur ou un Pelham combiné ou non à des rênes allemandes. Les chevaux sont toujours montés en 4 rênes pour plus de précision au niveau de la direction.

Elles sont toujours accompagnées de rondelles en plastiques qui me rappelleront toujours mes années poneys ainsi que la bataille qu’il fallait mener pour mettre le filet à un poney qui ne voulait pas ouvrir la bouche tout en prenant soin de ne pas lui faire manger les rondelles sous peine de devoir tout recommencer ! Je rappelle le principe des rondelles : éviter que le mors ne traverse la bouche du cheval (ce qui a finalement peu de chances d’arriver quand on conduit son cheval à une main… bref…).

Pitufine monté pour un travail individuel en pelham simple et sans sur-sangle.

Pitufine monté pour un travail individuel en pelham simple et sans sur-sangle.

Le grand constat qui est fait par rapport au monde du polo et qui se reflète inéluctablement dans ce petit article est le poids de la tradition.

Le matériel est de toute évidence spécifique et optimisé pour la pratique du polo mais le cheval est un peu laissé à l’écart de ce progrès. On a beaucoup amélioré le matériel pour les douces petites fesses des cavaliers mais trop peu pour le cheval. Il est largement plus facile aujourd’hui d’utiliser le matériel cité ci-dessus pour faire comme tout le monde que de chercher à s’adapter aux besoins spécifiques du cheval.

Quand on voit les progrès qu’ont fait certaines disciplines comme le CSO en terme de confort du cheval et remise en question au point de voir des embouchures très simples comme hackamore ou le mors à olives en haut niveau. Il est triste de constater que le monde du polo n’en est pas encore là alors : Poids des traditions ou manque de considération des cavaliers ?

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7 commentaires

  1. C’est toujours très intéressant de découvrir ce qui constitue une discipline, même si l’arsenal autour de la bouche et tête du cheval l’est moins, ainsi que la selle sur les épaules 😉 .

    • Je suis assez d’accord avec toi ^^ Ces tapis colorés me plaisent bien, en revanche.

  2. J’aimerais faire une petite remarque sur les tapis. Vous remarquerez qu’ils descendent moins qu’un tapis classique (comme les tapis western). En fait sous le quartier les sanglons sont presque directement en contact avec la peau du cheval. Il n’y a qu’un petit bout de cuir très rigide pour protéger le cheval du pincement des boucles et des lanières.
    N’ayant pas besoin de taquets, la proximité avec le cheval est ainsi privilégiée en minimisant ainsi les épaisseurs de cuir entre la jambe du cavalier et le cheval. Du coup les tapis protègent bien cette partie là de la selle de polo.
    Par contre utiliser ces tapis sur une selle ayant des quartiers un peu long c’est exposer leur cuir délicat au contact du cheval et donc à la crasse et à la sueur.

  3. Hé ben ça c’est de l’équipement ^^ c’est vrai qu’ils sont bien ces tapis, encore faut il avoir la selle adaptée comme l’a dit Alexandrine 😉

  4. Je ne suis pas fan du polo, mais par contre je suis fan des chevaux de polo ! Je les trouve magnifiques !
    Toutefois je suis d’accord avec Amaya, c’est toujours sympa de découvrir des disciplines !

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