Les objets connectés vont-ils améliorer notre équitation ?

La sangle Seaver

L’équitation a longtemps rimé avec tradition et semblait hermétique à l’innovation technologique. Ce temps est révolu : l’objet connecté, tendance grimpante du moment, investit le domaine équestre. Il promet d’améliorer le bien-être du cheval et de booster ses performances. S’agit-il de l’innovation du siècle ou d’une nouvelle sorte de gadgets ? Les objets connectés vont-ils améliorer notre quotidien avec les équidés, et peuvent-ils transformer notre façon de monter à cheval ?

Objet connecté, késako ?

Tout d’abord, qu’est-ce qu’un objet connecté ? Voici la définition proposée par Némésis Studio :

Un objet connecté est un objet électronique capable de communiquer avec un autre objet (souvent un smartphone, une tablette ou un ordinateur). Cette communication permet à l’objet d’envoyer ou de recevoir des informations via une connexion Internet.

Le fameux lapin aux possibilités nébuleuses mais prometteuses a été le premier objet connecté à prendre le devant de la scène. Il laisse aujourd’hui place à toute une floppée d’objets du quotidien… selles, sangles, casques, couvertures, box, se trouvent enrichis de capteurs sensoriels, microphones, haut-parleurs, GPS, et j’en passe, capables d’envoyer des données à nos smartphones.

Dans le cadre de cet article, je me focaliserai sur les objets qui permettent le recueil et l’analyse de données de la performance et de la santé du cheval durant l’exercice.

Les objets du cheval connecté

Commençons par rappeler que le cardiofréquencemètre équin, qui est rarement appelé « objet connecté » (parce qu’il existait avant le lapin magique ?), en a pourtant toutes les caractéristiques : il récupère les données cardiaques du cheval, éventuellement la distance et la vitesse, et re-transmet le tout à un ordinateur. Il est assez peu connu du grand public mais utilisés par certains cavaliers d’endurance, de complet, et surtout dans le monde des courses (galopeurs et trotteurs).

Depuis un à deux ans, de nouvelles innovations bourgeonnent, greffant des fonctionnalités variées à nos équipements. Tour d’horizon.

Seaver, la sangle connectée aux 5 capteurs

Seaver a conçu une sangle connectée, transmettant en direct un large panel de données telles que : vitesse, calories brûlées, fréquence cardiaque, distance parcourue, hauteur du dernier saut ; mais aussi une analyse après le travail : analyse de l’allure droite/gauche, statistiques de vitesse, analyse de l’effort, tracé du parcours, temps de récupération, analyse de l’approche de l’obstacle, analyse du saut en hauteur, analyse et répartition des allures, détection d’anomalies de locomotion. Le direct comme l’analyse s’affiche sur une application dédiée.

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HorseCom, le casque bluetooth pour une équitation en musique

HorseCom lance un casque bluetooth pour cavalier et cheval, permettant de recevoir les conseils d’un coach à distance, ou de diffuser de la musique pour le cavalier et le cheval. Le cavalier peut même recevoir des appels et communiquer avec d’autres cavaliers. Le casque se gère via une app capable de recommander des musiques en fonction de différents critères comme le niveau, le type de travail et l’effet recherché.

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Balios, un capteur pour analyser les performances par discipline

equisense-balios-appEquisense a lancé Balios, un capteur qui analyse l’intensité de la séance, la qualité de la locomotion du cheval, le temps passé à chaque main. Il envoie toute ces données à une app pour Smartphone qui permet de visualiser un historique des séances et l’état de forme du cheval. Enfin, il propose des analyses de performance en fonction de la discipline. Par exemple pour le dressage : tracés, allures, cadence, rebond.

Blue Wing par Voltaire design et Equisense, la première selle connectée

Equisense s’est associée à Voltaire design pour créer la selle Blue Wing : équipée de toutes les innovations du sellier Voltaire et du capteur développé par Equisense, Blue Wing devient la première selle intégrant des technologies connectées.

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Se connecter… ou pas ?

Tout ça, c’est bien beau, mais à quoi cela va-t-il servir et comment ces objets connectés peuvent-ils nous aider ? Voici ma vision toute personnelle :

1 – Pour les coachs à distance

En ce moment, le coaching à distance se développe. Certains coachs et enseignants se proposent de recevoir des séances filmées, de les analyser et d’en tirer des recommandations et des axes de travail. Dans ce contexte, il me semble super intéressant de transmettre, avec la vidéo, quelques éléments comme le rythme cardiaque du cheval, ou une analyse de la locomotion qui peut confirmer un sentiment que l’oeil nu développe mais qui ne remplacera jamais le sentiment équestre monté.

2 – Pour partager des informations entre plusieurs cavaliers

Par ailleurs, les calendriers rassemblant des indications sur l’état de forme du cheval, le calendrier d’entraînement peuvent être très pratiques et utiles pour un propriétaire dont les chevaux sont en confiage ou en demi-pension ; ils joueront en quelque sorte le rôle le « cahier de correspondance » pour le suivi du cheval.

3 – Pour le suivi physique du cheval dont l’activité est intense

Dans le cas d’un cavalier d’obstacle, de complet, d’extérieur, de horse ball, etc. et toutes les activités pratiquées intensément : quel que soit son niveau, je suis convaincue que récupérer et analyser a minima les données cardiaques et respiratoires est très intéressant. Ces infos permettent de jauger la progression du cheval et la qualité de l’entraînement, et bien entendu de signaler en temps réel un problème parfois invisible à l’œil nu.

Et pour devenir meilleur cavalier ?

Quid du cavalier de loisir, qui ne cherche pas la performance mais plutôt à affiner son sentiment équestre ? Personnellement, j’attache une grande importance au recueil de données. Je consigne scrupuleusement sur Endomondo la durée de chaque séance, et en cas de sortie en extérieur, de laisse l’app enregistrer la distance, la vitesse, et le dénivelé. La vue d’ensemble et les statistiques me sont précieuses pour jauger la cohérence de notre travail. Mais les données les plus précieuses sont les données non factuelles : je tiens un journal détaillé de mes séances, et relire ce journal régulièrement procure d’immenses bénéfices et est un vrai facteur de progression. Est-ce que j’ai envie d’y ajouter une analyse factuelle des mouvements de ma jument, son rythme cardiaque et respiratoire ? On dit que trop d’assistance tue la compétence : est-ce qu’à trop m’appuyer sur des données d’allures et de locomotion tirées d’un objet connecté, je ne finirais pas par oublier de prêter attention à mes propres sensations ?

Et vous, qu’est-ce que vous pensez des objets connectés pour l’équitation ? Le(s)quel(s) aimeriez-vous utiliser au quotidien ?

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5 commentaires

  1. Personnellement je trouve que ces objets connectés sont une bonne chose, des informations précieuses, il faut juste veiller à ce qu’ils ne prennent pas trop de place dans notre équitation et ne remplacent pas notre ressenti, mais le complètent !

  2. Hâte de voir ce que donnent Equisense et Seaver!
    Sinon, j’aimerai beaucoup pouvoir tester le casque Horsecom pour voir si la cadence de mon cheval change en fonction du rythme de la musique 🙂

    • J’espère que tu pourras le tester et nous faire un retour 😀 perso, le concept me laisse perplexe, mais c’est que je n’ai pas l’oreille très musicale ^^

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