Peut-on être cavalier et écolo/éthique ? 9 pistes pour consommer mieux

Le cheval, c'est toujours écolo ! Pourquoi pas l'équitation ?Le cheval, c'est toujours écolo ! Pourquoi pas l'équitation ?

OK, vaste sujet.

Cette tendance du mieux consommer, moi j’aime bien, sans être extrêmiste. Cela demande certes un peu de recherche, un peu d’huile de coude, et parfois un peu de sacrifices quand on est porté sur les achats impulsifs. Mais consommer plus intelligemment pour la planète est également très bénéfique pour soi-même : perso, cuisiner au lieu d’acheter des plats industriels, manger bio et de saison, ça m’a résolu mes problèmes d’estomac ; les astuces de Julien ont fait des miracles pour ma peau et me font faire de sacrées économies ; et je ne parle pas des multiples astuces implémentées pour réduire mes déchets, qui font aussi faire des économies en plus d’améliorer le confort de vie : utiliser un vélo (ok, en été surtout), acheter en vrac, adopter les lingettes réutilisables… Franchement, pourquoi consommer d’une autre façon que celle-ci ?

Avec tant de bénéfices dans mon quotidien, j’en suis venue à me demander si c’était aussi possible de consommer quand on est passionné d’équitation ?

Le problème avec l’équitation écolo

Le problème, c’est que l’équitation, de base, c’est vraiment un domaine qui semble résister à toute idée d’écologie :

  • Pour commencer, côté harnachement, on a généralement le choix entre peau de bête morte (dont l’élevage est réputé pour être tout sauf respectueux du bien-être animal) et produits synthétiques issus de l’industrie pétrochimique.
  • En comparaison avec d’autres domaines, les cavaliers ont très très peu d’alternatives « éthiques » pour s’habiller ou habiller leurs montures, même si des marques commencent à se bouger
  • Généralement difficile de se passer d’une voiture pour se rendre à l’écurie, à moins d’avoir son cheval à la maison ou presque.
  • Et que dire de la quantité de matériel nécessaire, que son mode de fabrication soit éthique ou non ? Moi qui suis pourtant loin d’être une serial shoppeuse, mes placards débordent, et les affaires d’équitation sont partout : à l’écurie, dans la voiture, sur mon petit balcon et jusque dans ma chambre !
  • Et il faut encore ajouter tous ces achats impulsifs et superflus qu’on fait pour le plaisir, pour se consoler, pour se montrer sur le parcours ou le carré de dress, etc.

9 pistes pour consommer mieux quand on est cavalier

Bref, nous avons un défi de taille. Essayons quand même de nous y attaquer. Voici les pistes que j’envisage.

1 – Embrasser la pensée « minimaliste zen »

C’est tendance d’apprendre à vivre avec moins. Chercher à se détacher de ce mode de consommation effréné qui est devenu un standard de notre société, c’est aussi se débarrasser de nombreux ennuis et tracas, c’est désencombrer sa tête et son environnement. C’est éviter de laisser nos objets phagocyter nos vies. 

Et c’est vrai, en réalité, la collection entière de tapis de selle, de pantalons d’équitation ou de frontaux à paillettes, on peut s’en passer.

Fashionistas, ne fuyez pas ! Le minimalisme n’est pas incompatible avec une certaine idée du style. Après tout Coco Chanel disait : « La mode se démode, le style jamais« . Et elle se contentait d’une petite robe noire accompagnée de quelques accessoires soigneusement choisis. Pourquoi pas faire pareil ? Choisir un ou deux ensemble qui soit vraiment nous, et s’en contenter.

C’est mieux pour la planète, pour notre propre tête, et c’est une économie de temps et d’argent.

2 – Acheter dans le but de garder

Poussons un peu plus loin la réflexion : quand on pratique l’équitation, on est obligé d’acheter à un moment où à un autre. Il faut vivre avec ou arrêter de monter à cheval. Vivons avec, mais achetons intelligemment, en essayant de ne pas se laisser entraîner à une acquisition inutile par des paillettes, par une promotion indécente, ou une nouvelle couleur tendance.

On réfléchit au besoin, mais aussi à la qualité du produit envisagé : est-ce qu’il tiendra la distance ? ou est-ce qu’il faudra en changer dans 6 mois ? Souvent, mieux vaut opter pour un produit de qualité quitte à y mettre le prix plutôt qu’un produit médiocre qui sera troué au bout d’un mois ou deux.

3 – Sélectionner des marques éthiques

Idéalement, on sélectionne des marques éthiques, engagées pour réduire leur impact : une production durable et/ou à faible impact environnemental, des textiles recyclables… C’est loin d’être évident, ça demande un peu de recherche, et les produits ne sont généralement pas les moins onéreux. Mais on ose espérer qu’avec la prise de conscience presque générale qui est en marche, les marques engagées se multiplieront.

Si vous souhaitez des pistes, Demivolteface a publié cette excellente introduction au textile responsable pour cavaliers.

Le superbe tapis Tacante :)

Le superbe tapis Tacante 🙂

4 – Augmenter la longévité du matériel

Une autre piste d’action est de réduire sa consommation en faisant durer son matériel le plus longtemps possible.

Conserver plus longtemps = jeter moins = acheter moins

Pour garder son matériel équestre le plus longtemps possible dans le meilleur état possible :

  • On s’organise mieux, on trouve une place pour chaque objet. On évite ainsi que notre matos prenne la poussière, l’humidité, voire d’en perdre une partie (et d’être obligé de racheter !)
  • On entretient aussi bien que possible, de préférence avec des produits pas trop cracra : je vous l’accorde, c’est un GROS travail, qui demande un peu d’organisation et d’huile de coude.
  • Pour les textiles, ne pas hésiter à mettre la main à la pâte et à recoudre les petits trous

Si cette piste vous intéresse, voici quelques ressources sur Ekitado pourront vous être utiles :

 5 – L’union fait la force

Prêter, emprunter, et mutualiser les achats.

Vous êtes une minimaliste zen convaincue, mais vous appréciez quand même de changer un peu en temps, pour le plaisir ou pour réaliser quelque photos souvenirs avec votre équidé chéri. Ou bien, vous voulez expérimenter les longues rênes ou l’utilisation d’un caveçon ? Et si vous empruntiez à vos amis ?

Avoir toute la panoplie de gadgets ou d’accessoires n’est pas nécessaire. D’autant plus que souvent, on se rue sur l’achat d’un nouvel accessoire… pour le délaisser et l’oublier aussitôt.

Pour essayer un nouvel équipement, ou avant d’envisager un achat ferme et définitif, passez un appel à vos amis : qui a un tapis rose pour essayer la couleur sur son cheval ? Qui a un arçon de voltige pour expérimenter cette nouvelle discipline ?

Vous pouvez même mutualiser certains achats : mieux vaut acheter à plusieurs les denrées qui se périment afin d’éviter le gâchis, ou celles qui peuvent être acheté en grande quantité mais sont peu utilisées : foin, produits de soin, produits de pharmacie.

Bonus : vous rendre à la pension en co-voiturant les uns avec les autres.

6 – L’occasion de faire des bonnes affaires

Acheter d’occasion est une solution facile à la surconsommation. Dans le domaine de l’équitation, on peut acheter à peu près tout d’occasion, à l’exception des bombes et casques de sécurité. Les sites d’achat/vente en ligne et les vide-dressings spécialisés pour l’équitation se multiplient, signe d’une tendance montante.

En plus de faire un petit pas vers une équitation plus écolo, vous pouvez réaliser de vraies bonnes affaires : j’ai une copine qui a osé acheter une selle un peu abîmée en surface. 300€ la selle qui aurait dû coûter 1200€. Coût total des réparations : 100€. Faites le calcul (attention tout de même lors de l’achat d’une selle d’occasion).

Mais n’ayez pas peur d’acheter un peu usé et de mettre la main à la pâte pour donner une nouvelle vie à l’objet. Voire, (attention transition) de vous lancer dans l’upcycling.

7 – L’upcycling

L’upcycling, c’est réutiliser de vieux objets de manière à créer un produit de meilleure qualité ou de plus grande valeur que les originaux.

Les fers de vos chevaux, vos vieux mors, et même vos vieilles selles (beaucoup de choses difficilement recyclables !) peuvent être ré-utilisés en décoration dans la maison et même devenir des objets très utiles du quotidien.

A l’inverse, vos objets du quotidien peuvent aussi être upcyclés pour vous servir à l’écurie.

Et si vous n’avez pas le courage ou le temps de vous lancer dans ces entreprises de bricolage, n’hésitez pas à offrir vos vieux équipements à des upcycleurs ou sur des sites de dons.

Pour dénicher de bonnes idées d’upcycling, merci Pinterest. Retrouvez sur le Pinterest d’Ekitado le tableau d’upcycling du matériel équestre :

Upcycled horse tack sur Pinterest

Rien de tel que l'upcycling pour upgrader une maison de cavalier. Vu sur Horsenation

Rien de tel que l’upcycling pour upgrader une maison de cavalier. Vu sur Horsenation

8 – C’est moi qui l’ai fait !

Une solution facile, notamment pour éviter d’acheter des produits de soins qui contiennent des ingrédients nocifs pour l’environnement : les fabriquer soi-même. Au plaisir de bichonner son loulou s’ajoutera celui de choisir les meilleurs ingrédients pour lui comme pour la planète.

Pour dénicher de bonnes recettes, il faut fouiller sur internet (sites, forum, vidéos…), expérimenter, et partager ! Je ferai quelques articles sur mes favoris.

9 – La dématérialisation

Terminons sur le sujet du papier. Personnellement, je suis une très grosse consommatrice de livres. Et bien entendu, de livres d’équitation. J’ai une belle bibliothèque de livres papier, qui grossit inévitablement tous les mois – au grand désespoir de mon copain, puisque le volume de notre appartement n’augmente, quand à lui, pas du tout.

J’ai donc appris à acquérir des livres numériques :

Et vous, vous faites attention à votre impact écologique ? Quelles sont vos pistes d’amélioration dans le domaine de l’équitation ?

Crédit photo de couverture : Carlo Scherer

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9 commentaires

  1. Effectivement excellent article !
    Il y a plein de trucs et astuces qui peuvent être réutilisés en dehors du monde de l’équitation d’ailleurs, comme par exemple celui de préférer les achats d’occasion. Surtout que je trouve que c’est sympa l’idée que les objets aient déjà une histoire…
    Et oui c’est vrai qu’on sous-estime la valeur des « vieux » bouquins. Ce n’est pas parce qu’il n’ont pas été écrit la semaine dernière que leurs propos ne sont plus d’actualité, au contraire.

    • Héhé, merci 😀 Je suis bien d’accord à propos des vieux livres !

  2. Très bon article, je partage, et je suis moi même en bonne voie avec certains points, dans la vie de tous les jours également (adepte du slow cosmétique et consommation local, j’essaye).
    Pour les livre, non, jamais je ne me passerais de livre, l’objet en lui même est trop important et beau, et le papier est une ressource renouvelable, faut sélectionner celui qui vient de forêts bien gérées 😀
    Bref, je partage !

    • Dur d’oublier le plaisir du papier, hein 🙂 je ne peux pas te contredire, j’en ai moi-même une belle collection et j’aurais dû mal à m’en défaire malgré tout… Merci pour le partage !

  3. Très bonne article encore une fois, propos construits et bien illustré, sujet passionnant ! J’ajouterais qu’il y a une piste dans la surconsommation d’eau de certains cavaliers en été.
    Pour les cavaliers propriétaires il y aussi toutes les problématiques liées à l’hébergement du cheval. Les liens de plus en plus nombreux entre gestion de pâtures et agro-écologie sont par exemple nous montrent qu’il est possible d’améliorer les conditions de vie des chevaux et la biodiversité de leur milieu.

    • Ah oui, super sujet à soulever que celui de la gestion des pâtures !!! Merci pour cette addition Astalyn !

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