Sanglez-vous trop fort ?

Sangle pas assez serrée = frottements qui peuvent aller jusqu’à la blessure pour le cheval, et instabilité de la selle qui peut tourner et mettre en danger le cavalier. Trop serrée, les pressions exercées sur le sternum compromettent le bien-être du cheval au travail et détériorent ses performances.

Comment s’assurer de la juste tension de la sangle ?

Variations des tensions et pressions de la sangle sur le cheval

Côté muscles, ce sont les pectoraux ascendants et dentelés qui sont comprimés par la sangle. Il s’agit des muscles permettant au cheval de reculer les antérieurs. Un sanglage trop serré restreint donc l’amplitude des antérieurs.

Côté squelette, c’est la cage thoracique qui est comprimée. On pourrait penser que la sangle gêne la respiration, mais la cage thoracique du cheval est plutôt rigide. Cette étude a permis d’observer que la mécanique respiratoire et les échanges gazeux au cours de l’effort ne sont pas altérés par une tension accrue de la sangle. Autrement dit, sangler trop fort ne coupe pas le souffle du cheval. Les baisses de performance observées au cours de l’étude seraient plutôt liées à la compression des muscles autour de la cage thoracique.

Le dessous du cheval, son sternum, est l’endroit où la pression de la sangle est la plus grande – c’est en partie pourquoi les sangles anatomiques sont légèrement plus larges en leur centre : pour mieux répartir la pression exercée.

La tension de la sangle change avec l’activité du cheval : cette tension est plus grand à l’arrêt. Elle tend à diminuer au pas, et elle décroit encore davantage au trot et au galop.

Choix de la sangle : sans élastique, avec un élastique, ou avec deux élastiques ?

  • Difficile de trancher sur l’intérêt ou la dangerosité de l’élastique – certaines études démontrent que les élastiques diminuent le risque d’une pression trop importante, d’autres assurent que l’usage d’élastiques rend l’ensemble trop instable. Ce qui est sûr, c’est qu’il vaut mieux opter soit pour des élastiques des deux côtés, soit pour une sangle non élastique. Un seul élastique induit forcément une asymétrie, ce qu’on ne veut pas.
  • Ce qui est le plus à même de faire tourner la selle, c’est de mettre davantage de poids sur un étrier. Ainsi, un cavalier débutant pourrait avoir besoin de serrer davantage la sangle. Dans un tel cas, travailler sur son propre équilibre (en dehors de l’équitation) sera bénéfique pour le cavalier autant que pour son cheval.
  • Point d’attention sur les sangles à élastiques : ne pas oublier que cette partie se détend avec l’usage, fatalement. Ces sangles doivent donc être surveillées et changées si nécessaires.

Recommandations concrètes pour un sanglage optimal

Rappel des consignes de base pour bien sangler 

  1. Attention à choisir une selle adaptée, et à vérifier son adaptation régulièrement : si la selle ne convient pas, toute pression au mauvais endroit sur le dos du cheval sera accentuée par le sanglage.
  2. Éliminer la moindre trace de boue sur le dos et le passage de sangle du cheval. Une croupe poussiéreuse, une queue pleine de paille, ou des crins plein de rastas ne vous empêcheront pas de travailler. Un frottement sous la sangle dû à des restes de boue, si.
  3. Choisir les bons contre-sanglons pour fixer la sangle à la selle.
  4. Veiller à ce qu’il n’y ait aucune boucle de la sangle à même la peau du cheval
  5. Sangler progressivement : sangler au plus lâche, curer les pieds, resangler d’un trou, marcher au pas en main, vérifier le sanglage, etc.
  6. S’assurer que la peau ne fasse pas de plis sous la sangle.

Jauger de la juste tension de la sangle 

  • Si vous ne pouvez pas passer une main sous la sangle, elle est sans doute trop serrée. Attention à vérifier la pression sous le cheval, entre ses antérieurs, puisque c’est là que la pression est la plus forte. Vérifier la pression sur les côtés du cheval n’est pas précis : certains chevaux étant creux à cet endroit, on aura toujours l’impression d’un sanglage trop lâche.
  • Le nombre de trous sur les contre-sanglons n’est pas un point de repère valable : il varie au cours de l’année, en même temps que le poids du cheval. Mieux vaut prendre le temps de vérifier la tension avant chaque séance à cheval.

Sources :

Interaction of saddle girth construction and tension on respiratory mechanics and gas exchange during supramaximal treadmill exercise in horses.

Sangle, sanglons, passage de sangle… Questions d’arrimage

Comparison of girth materials, girth tensions and their effects on performance in racehorses.

Blowing up a girthing myth

Crédit photo : Jen Makin

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2 commentaires

  1. Super intéressant cette info sur l’effet sur les muscles plutôt que le souffle. Et je note la recommandation de ne pas utiliser une sangle avec un seul élastique pour quand je pourrais enfin essayer et acheter une nouvelle selle.

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